Kayé sa ?

Samedi 21 Juillet ... Ballade quotidienne... Une journée qui s'annonce chouette!

Je me pose sur la jardinière de M. Célestine et me délecte du nectar d'une hibiscus ... quand j'entends un clochard piailler derrière, en contre-bas d'une orchidée !

Je vole en mode multidirectionnel (et oui ! je suis fou-fou !) entre les branches du Gros thym et zoome sur un groupe de quatre personnes se baladant tranquillement au cour Nolivos.

Une famille... Oui c'est bien ca ! Je zoome encore et j'aperçois une  dame d'une petite quarantaine, la mère assurément. A ces côtés, un homme de grande taille aux cheveux poivre et sel, le compagnon ou l'époux de la jolie dame. Deux autres gamines les suivent. Mon instinct me dit que ces deux là sont leurs parents. La plus âgée est assez pulpeuse, de teint plus claire et devrait avoir 19 ans! L'autre est plus jeune, 16 ans peut-être! Me demandez pas comment je le sais, je le sais c'est tout! Tout un Art que d'être aussi vif que moi ! N'est pas un colibri qui veut ! Passons... 

Je vous disais que la plus jeune arbore un style ... plus hommasse ! Je vous dis qu'il s'agit d'une fille puisque je pouvais voir sa poitrine bien que peu présente, était apparente. Elle ressemblait à un de ses chanteurs Antillais lockés à la coiffure montante et tour de tête attaché d'un bandana noir et blanc. Euh ! Pon2mik je dirais ? Fresh tout ça ! Ahaah... Bref... Revenons à nos oisillons ...

 

Subitement,  de l'autre côté de la rue piétonne, un clochard sorti de nul part croise son regard. Vous savez celui de la petite ! Suivez un peu ! Celle qui est une "plume" masculine ! Oh ca suffit ! Un poil ou une plume c'est pareil ! Disons celle qui est un tantinet garçon-manqué" s'est faite invectivée, incendiée :

"Kayé sa? On nonm ou on fanm ? Ou pé jan ni dé grenn la ant dé janm aw? Tcchhiiippp !! "

L'odeur forte, vociférant, ses mots totalement déplacés et lancés avec tant mépris et de dégoût, assomèrent cette ado. Les badauds, assistant à la scène, choqués, génés probablement, n'osèrent réagir, comme si cela était normal et justifié.

Je l'ai vu s'isoler pour pleurer. Mon petit cœur d'oiseau a été touché. De l'incompréhension, de la honte et de la tristesse se lisaient sur son visage perlé de larmes. Quant à ses proches je n'ai perçu aucune expression de leur part comme s'il ne s'était jamais rien passé... Un non-évènement ! Comme s'ils ne voulaient pas être associés à cette scène. Hallucinant tout de même... On raconte qu'à ce jour cette famille n'en a jamais reparlée... 

 

Humani le colibri ...